Voila, lundi dernier je me suis fait réopérer pour reprendre mes cicatrices qui n'étaient pas très jolies. Une anesthésie brève, un geste simple : on enlève la cicatrice qui est épaissie et on rapproche les deux bords. Des points résorbables, qui tomberont donc tous seuls dans environ 8 jours...
L'intubation a été nécessaire, non en raison de l'intervention en elle-même, mais bien parce que j'étais enrhumée et qu'il fallait dégager mes voies respiratoires. D'ailleurs les seuls désagréments de l'intervention sont dûs à ce fait d'intubation : gorge enflammée, lèvres coupées, aphtes sous la langue... Les anesthésistes semblent oublier parfois qu'entre les mâchoires qu'ils écartent à loisir, se trouve un organe vivant (hé non, ce n'est pas un bout de steak) : la langue !!
A part cela, pas de nausées, pas de douleur majeure... un peu de démangeaisons dues à la cicatrisation... bref, rien de bien désagréable.
"Cette intervention est-elle vraiment nécessaire ?" me demandaient les proches avant l'opération. Oui... c'était nécessaire. Cette marque incurvée qui me faisait comme un deuxième nombril à coté du premier faisait perdurer les sensations de stomisées par l'épaisseur de la cicatrice. Alors oui, c'était nécessaire. Je n'aimais plus mon ventre, ce ventre que certains amants se plaisaient à caresser, et à complimenter, et à embrasser... ce ventre doux et lisse, je l'avais perdu. Me rapprocher au maximum de mon état d'avant était une nécessité.
Cependant, je suis un paradoxe vivant, et en même temps que j'allais vers un mieux être, quelque chose me retenait. Ho un tout petit quelque chose ! Au moment de l'intervention primaire, j'avais exposé au chirurgien que je me fichais d'avoir le ventre tout marqué. En fait, plus exactement, je n'avais pas imaginé mon ventre marqué à vie, et de ce fait, il m'était égal d'être opérée selon une méthode ou une autre. Oui, mais c'était une question de survie. Et mon esprit était alors fort peu occupé par des considérations esthétiques.
En revanche, ce qui est étrange, c'est que je regrette presque de ne plus porter la trace de cette poche qui m'a habitée pendant des mois, la trace de la souffrance psychologique née de l'aggravation subite de la maladie. Masochiste ? peut être... Ou plutôt fière d'avoir surpassé les difficultés. C'est comme si cette cicatrice était un trophée, une médaille. Une médaille moche, mais une médaille quand même.
Je n'ai encore pas vu la nouvelle marque, qui est cachée sous un pansement. J'ai envie d'arracher ce pansement. D'un seul coup... crac ! Patience... Plus que quelques jours et je verrai le résultat...