Je viens de subir une chirurgie lourde et éprouvante, suite à une recto-colite hémorragique, une maladie chronique de l'intestin. Ce blog a pour objet de faire partager les différents sentiments, les centaines de questions que j'ai pu me poser depuis l'aggravation de la maladie. Je ne suis pas médecin, et ne détiens aucune autre connaissance que celle que mon expérience propre m'a permis de vivre. Puisse ce recueil de pensées, de questions, de doute, d'état d'âme et d'espoir être utile à d'autre
J+3 : Ca ne va pas mieux. Je vais aux soins, mais à reculons. « Bonjour Madame, Au revoir Madame, Bonne journée Madame »… MADEMOISELLE ! d’abord c’est MADEMOISELLE !
Je suis carrément démoralisée de voir tous ces vieux aller à peu près bien, et moi, toute découpée à l’intérieur, souffrir encore. Et pourquoi les autres « jeunes » sont ils en train de s’éclater en groupe, de draguer, de bronzer, et moi je suis en Auvergne dans une sorte de maison de repos ? A ce moment là, j’ai trouvé la vie injuste et difficile. Je me demande alors de quoi sera fait mon avenir. Vais-je avoir mal souvent, vais-je devoir restreindre toutes mes activités, tous mes projets ?
En sortant, je m’arrête chez le docteur. Deux dames dans la salle d’attente discutent. « Mais si vous êtes constipée, faut manger du m’lon ! » « mais j’en mange du m’lon, mais je suis quand même constipée » « ah oui ? moi quand je mange du m’lon… enfin… heu… faut pas que j’en abuse quoi ! »
Haaa les joies de la constipation ! Que ne donnerais je pas pour avoir ne serait ce que 24 heures de constipation !
Je vois le docteur, qui me tâte le ventre et qui n’est pas contente de son état. Il est plus douloureux et plus dur que dimanche soir… ca ressemble à une pochite. Je lui suggère avant de me prescrire une cure d’antibiotiques, de me faire faire une prise de sang, pour vérifier qu’il y a bien une inflammation.
Ce qu’elle fit. Je me rends en urgence au labo de la ville. Une très antipathique secrétaire m’indique que maintenant, il n’y a plus personne pour faire une prise de sang. Revenez demain matin !
Je tiens bon. Hors de question que je reste encore toute la nuit avec ces douleurs. « Ce n’est pas possible Madame, le docteur vient de me prescrire cette ordonnance en urgence, il faut trouver une solution ». Après hésitation, elle se décide à appeler l’infirmière, qui était seulement dans la pièce d’à côté surement à déjeuner !
Bref, la prise de sang est faite, à la seringue, ce qu’on ne m’avait jamais fait jusqu’à présent ! Les résultats sont étonnamment bons. Il n’y a quasiment pas d’inflammation. Ce n’est pas encore une pochite.
Résultat : je change d’eau pour une eau moins puissante, et j’ajoute deux séries de probiotiques : Lactibiane® et Arkolevure®. Evidemment, je dois courir les trois pharmacies pour avoir mes médicaments. Cela me fait maintenant 12 gélules par jours; en plus du reste biensûr. Une grosse poignée quoi… ajoutée à tout le reste… Dans ma main, toutes les couleurs ! c’est merveilleux ! J’aurais presque l’impression de manger des bonbons !
Le docteur m’a laissé 48h pour aller mieux. Sinon, on passe au Flagyl®… que je tolère si mal… en suppo… quelle angoisse sur mon anastomose… comment vais-je faire ? Hyper angoisse à cette idée.
Après midi de repos.
J+4 : les spasmes se calment un peu et mon moral remonte doucement. Avec un peu de chance, je n’aurais pas à prendre ces saletés d’antibios. On va se promener. Il fait très chaud, et très lourd.
Nous prenons un peu de soleil au Gour de Tazenat, où mes souvenirs d’enfance refont surface. Je ne me baigne pas. Mais j’ose le deux pièces, parce qu’il fait chaud, et que je n’ai que ça sous la main ! Je prends soin tout de même de camoufler mes cicatrices avec mes mains dès que je me lève. J’aurais voulu faire du pédalo… mais je n’en suis pas capable ; Une fois de plus, j’abrège la sortie, à cause de mon ventre.
J+5 : guère d’amélioration. Je revois le docteur demain soir. On fera le point. Mais… pff cette période n’est vraiment pas drôle… Aujourd’hui, les orages se sont déchaînés sur notre région. L’amplitude thermique depuis hier est de – 30° ! Hier à 18h, il faisait 43°. Aujourd’hui, au même endroit et à la même heure, il fait 14°… Et le pire dans l’histoire, c’est que j’y suis !!