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24 juillet 2010 6 24 /07 /juillet /2010 17:03

Cela fait longtemps que je n'ai pas écrit, parce que je voulais annoncer une bonne nouvelle. J'attendais des résultats. Et c'est chose faite : ma carrière va redémarrer, non pas en tant qu'avocate, mais en tant qu'inspecteur à la DGCCRF. C'est une administration qui veille à la sécurité des consommateurs, et à l'application des règles du marché, concernant la concurrence et la consommation. Cela fait longtemps que je savais que j'étais faite pour travailler dans cette branche, mais le concours fait beaucoup d'appelés et très peu d'élus. Cette années, seulement seize places proposées au concours. Je m'y étais inscrite, et puis au moment de passer la première épreuve, je ne me sentais pas prête, en comparaison de ceux, par dizaines, qui avaient préparé ce concours depuis des mois ; alors je ne m'y suis pas présentée. Mais il y a quelques semaines, à tout hasard, je me suis remise à chercher, les recrutements sans concours réservés aux travailleurs reconnus handicapés. Que si au moins ma maladie pouvait avoir un avantage, je puisse le saisir. Il y avait effectivement une offre en cours pour la DGCCRF et aussi une pour l'inspection du travail. J'ai postulé aux deux. Mon dossier a été retenu pour les deux et j'ai passé deux entretiens d'embauches. J'ai réussi aux deux ! Autant dire que je sautais au plafond ! Surtout que l'inspection du travail m'intéressait, mais ce n'était pas réellement mon domaine de prédilection. Alors quand j'ai eu la réponse de l'autre administration, j'étais aux anges !

 

J'avais vraiment besoin de retrouver confiance en moi, alors que j'avais vécu plusieurs échecs professionnels, plusieurs entretiens infructueux, et je doutais beaucoup de mes capacités à me réintégrer. Ces succès m'ont fait un grand bien au moral. Lors d'un des entretiens, au cours desquels j'expliquais ma très grande motivation pour le poste, l'un des membres du jury m'a demandé pourquoi je n'avais pas passé le concours, car disait elle au regard de mon parcours, j'aurais pu réussir. J'ai répondu, très honnêtement, que d'une part, je ne m'estimais pas tout à fait prête pour réussir un tel concours, et que d'autre part, moralement, j'aurais eu du mal à accepter un nouvel échec. Je me suis vu répondre sur un ton entendu : "Vous avez eu peur de l'obstacle en somme !". Cela m'a piqué au vif, et j'étais touchée dans mon amour propre. J'avais de ce fait très fortement envie de répondre sur le ton insolent qu'impliquait une telle question. J'ai respiré un grand coup, et j'ai dit, sur un ton sec : "Si vous saviez le nombre d'obstacles que j'ai déjà traversés..."  J'ai senti une grande gêne sur le visage de la questionneuse, et j'avais retourné l'opinion des deux autres membres, qui semblaient dire dans leurs regards à l'autre femme : "n'oubliez pas que ce ne sont pas des étudiants tout à fait comme les autres". J'étais drôlement fière de moi de ne pas m'être écrasée. J'ai quand même craint d'avoir dit quelque chose qui aurait pu jouer contre moi. Il faut croire que cela n'a pas été le cas.

 

Je pars en septembre pour un an à Montpellier, et ensuite, direction la capitale pour mon premier poste ! Moi qui n'ai encore jamais quitté la cité phocéenne, je mets beaucoup d'espoirs dans ces changements. J'aspire à être heureuse, et je crois que je suis prête à accueillir le bonheur ! Il était temps !

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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 10:16
Je viens de partir quelques jours en vacances, en Espagne.

Tout s'est passé NORMALEMENT.

Le trajet fut sans arrêt impératif, l'alimentation fut presque non contrôlée, les sorties se furent sans difficulté majeure.

J'ai même été au parc d'attraction Port Aventura. Et j'ai fait les manèges. Presque tous, même les plus violents.

Je dois reconnaitre qu'avant la chirurgie, je m'interdisais ce genre de sorties, de peur de ne pas pouvoir gérer la foule, l'attente, les toilettes plus ou moins propres... Cette fois ci, c'est sans réfléchir que j'ai franchi l'entrée du parc.

Malgré ma volonté de m'amuser et de profiter de mes vacances au mieux, je n'étais pas rassurée avant de faire la toute première attraction. La file d'attente m'est apparue interminable, alors que nous sommes en basse saison et que le parc n'était pas du tout surchargé. Mes mains étaient moites. Mon rythme cardiaque était accéléré. Non que j'avais peur du grand huit, mais plutôt que je craignais que mon montage chirurgical ne tienne pas le coup, ou soit très perturbé de se voir à l'envers, et à très grande vitesse.

Je n'ai pas pu m'empêcher, après le premier manège, de filer aux toilettes, pour vérifier que je ne saignais pas. Eh bien non, pas la moindre douleur, pas la moindre contraction, pas la moindre goutte de sang, et même plus fort, pas la moindre envie d'aller à selle de toute la journée !

Tout a parfaitement tenu le coup. Alors j'ai fait les autres attractions sans aucune crainte. Je me suis beaucoup amusée, comme cela faisait longtemps que ca ne m'était pas arrivé...

Alors, c'était donc ça, quand on me parlait de vie normale !? 

Minime ombre au tableau : ma fatigue en rentrant. Le voyage, les activités diverses correctement gérées m'ont éprouvée. J'ai dormi dans la voiture, et en rentrant, j'ai fait le tour du cadran + 2 h de sommeil profond (oui, ca fait bien une nuit de 14 heures !!!), sans oublier les quelques diarrhées noctures surprises, alors qu'en vacance, je ne me suis pas levée une selule fois dans la nuit ! Aujourd'hui, soit trois jours après mon retour, je suis encore plutôt fatiguée et les petites choses me sembles difficilement réalisables. Néanmoins, même si le contre coup est un peu difficile, les vacances valaient vraiment la peine !
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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 11:17
Vive le printemps et le retour des fruits d'été...

Je voudrais parler un peu de mon régime alimentaire pour donner de l'espoir à tous ceux qui sont dans ma situation.

L'élément important à retenir c'est que depuis que j'ai été opérée, je n'ai AUCUN REGIME particulier.

Bien-sûr, les premiers temps, il a fallu observer une période sans résidus stricte (quelques semaines après chaque opération), puis une période sans fibre (légumes cuits et fruits cuits étant acceptés alors) pendant environ un mois ensuite.

Mais depuis : plus rien. Je me lâche. Je mange des fruits, des crudités (que parfois je vois ressortir quelques heures après encore entière, comme par exemple les carottes rapées)...

Je crois dur comme fer au conditionnement en la matière.

Je m'explique : quand j'étais à l'hôpital, avec la perspective de l'ablation, j'ai demandé aux médecins quelles seraient les conséquences alimentaires de cette intervention. Il m'ont répondu : AUCUNE. Je l'ai cru. Et je m'en suis persuadée. Je suis gourmande, je n'opérerai AUCUNE modification dans mon alimentation, dussè je aller une fois de plus aux toilettes que si j'avais un régime sans fibre. Car après tout, avant d'être malade, je mangeais de tout sans restriction. Cela ne doit pas changer. Et cela n'a pas changé.

Je mange des fruits, des légumes tous les jours, des glaces et des oeufs régulièrement ET MEME des noix et des amandes.

Et mon nombre de selles me direz vous ?

Hé bien j'ai établi un petit comparatif quand je mange sans résidu, et le reste du temps. C'est strictement pareil en nombre soit entre 2 et 5 selles par 24 h, selon non ce que je mange, mais la période du mois : en ovulation et à proximité de mes règles, j'ai plus de selles, indépendamment de mon alimentation. Par contre, la consistance est un peu différente, mais ô surprise, elle est mieux quand j'ai mangé des légumes : les fibres tiennent les selles entre elles et leur évitent d'être trop liquides.

Donc puisqu'avec ou sans fibre, le résultat en quantité est le même, pourquoi me priver !

De la même façon avec le pain azyme (car je fais partie de ceux qui en consomme une semaine par an aux lieu et place du pain traditionnel) je pensais que je ne pourrais pas du tout en manger ; l'an dernier, juste avant ma remise en continuité, j'avais fortement réduit ma consommation. Cette année, j'avais faim. Donc j'ai mangé à ma faim (un peu trop d'ailleurs, j'ai grossi). J'ai été un peu dérangée mais pas plus que les autres personnes de ma famille qui en mangent ponctuellement pendant cette période de l'année, et finalement pas trop plus que moi même AVANT l'amputation.

Evidemment, toutefois, quand j'ai des épisodes de diarrhées, je restreins, je mange plus "sec", moins gras, moins fibreux, mais honnêtement je ne vois pas trop la différence.

Par ailleurs, j'ai remarqué que quand je mangeais morcelé, plusieurs fois par jour, et en petite quantité, je gèrais mieux mes selles. C'est donc une façon de faire que j'expérimente en ce moment, et que je trouve assez convaincante.



Salade de fruits jolie jolie jolie ! Je me réjouis d'en préparer et d'en manger un plein bol !



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2 janvier 2009 5 02 /01 /janvier /2009 00:34
Je souhaite à tous les lecteurs de ce blogs, malades ou non, une merveilleuse année. Que tous vos projets se réalisent et que la joie emplisse votre quotidien.

Je n'ai pas pu réveillonner et je suis encore vaseuse, mais le meilleur est à venir !

Bienvenue en 2009 ! Et comme on dit : Santé !



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25 décembre 2008 4 25 /12 /décembre /2008 23:53
Je me souviens du réveillon de Noël de l'année dernière. J'étais donc entre ma colectomie et ma proctéctomie. Mais je ne savais pas que cette dernière aurait lieu.

J'avais décidé de préparer le repas du réveillon. J'avais prévu des petits chèvres en croustillant, du saumon fumé, sauvage, s'il vous plaît, du foie gras,  un magret de  canard accompagné de pommes de terre et d'asperges, du fromage, une bûche glacée, et bien d'autres gourmandises.

Sauf que je n'avais pas prévu, que, malgré ma poche qui m'occupait déjà l'espit, mon rectum occuperait aussi mon corps.

J'ai quand même tout cuisiné. Difficilement, vu que j'étais interrompue toutes les heures pour aller aux toilettes... mais j'ai tout fini en temps et heures.

Le repas, je ne l'ai quasiment pas vu passer. Je n'ai presque pas mangé : la rectite qui m'attégnait me cloua sur le trône toute la soirée, avec des douleurs intenses et du sang...

Mon appétit était coupé, et quand mes invités partirent, vers 23 heures vu mon état, je fus très soulagée.

Point de tout cela cette année !

J'étais invitée, mais j'ai contribué à la cuisine.

Au menu : un apéritif copieux, composé de petits choux aux oeufs de caille, canapés aux tomates séchées, brochettes aux figues et magret de canard, verrines de saumon, avec avocat, fromage blanc ciboulette et noix,j tapenade et crevette, petits fours... Bref, très bon !

Puis terrine de foie gras, daube aux petits légumes, et bûche maison, accompagnée de macarons, et fruits déguisés.

La bonne nouvelle, c'est que j'ai mangé de tout ! Absolument de tout, comme tout le monde, et sans modération. J'ai bu du champagne aussi, et je n'ai pas augmenté ma dose d'Imodium (j'en suis à deux par jour).

L'autre bonne nouvelle, ce sont les conséquences du repas. Durant la soirée (entre 20h et 2h du matin), j'ai dû aller trois fois aux toilettes, ceci s'expliquant par le morcellement du repas, et donc de la digestion. En rentrant, vers 3 heures, encore une fois, et puis plus rien jusqu'à 11h ce matin !

La troisième bonne nouvelle, c'est que je me suis amusée comme une petite folle hier soir. j'ai ri, j'étais bien, pas pressée de rentrer...

Aujourd'hui, j'ai un peu abusé des amandes et noisettes, d'où une petite gêne intestinale... mais rien de grave !!

J'espère que chacun a pu profiter pleinement de ce jour festif.

Joyeux Noël 2008 à tous !
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23 septembre 2008 2 23 /09 /septembre /2008 22:56
Voila maintenant 5 mois que je suis remise en continuité. Je commence donc à avoir un peu de recul sur ce que pourra être ma vie dans le futur, et je commence à voir clair sur les préoccupations du malade en transition, sur les idées reçues, sur les on-dit, entendus et lus ici et là.

Comme bilan au bout de 5 mois, je dirais "pas trop mal". La vie n'est pas toute rose, mais elle n'est pas si terrible que je me la suis représentée.

Voyons les questions une à une.

- L'incontinence.

Ma première grosse inquiétude. Vais-je pouvoir contenir mes selles maintenant qu'elles sont liquides, et fréquentes ? Mes sphincters vont ils réapprendre rapidement leur rôle ? Surtout après neuf mois de repos ?

Ma réponse : OUI !  Heureusement. Les premiers temps, peut être les deux premiers mois, j'avais encore des fuites, en particulier des fuites nocturnes. Je portais alors des serviettes hygiéniques, par précaution. Parfois elles étaient souillées, parfois non. Puis de moins en moins. Aujourd'hui, il y a encore quelques accidents, mais ils se raréfient.

Pourtant, il y a quelques années, j'ai subi une sphinctérotomie, pour fissures anales... On aurait pu attendre un moins bon résultat.

Pas de couches, plus de serviettes, et pas de tâches ! Soulagement !

- La fréquence des selles

Voila une autre préoccupation essentielle du malade en transition. Combien de fois par jour vais-je devoir occuper le petit coin ?

Il faut bien noter que lorsque le colon et le rectum, et donc la maladie, étaient encore là, cette question ne se posait pas, puisque les besoins étaient si impérieux et si fréquents qu'ils donnaient l'impression d'occuper toute la journée, et toute la nuit ! Vingt fois, trente fois par jour... Toutes les heures, toutes les demi heures...  Là, maintenant, tout de suite...

Et soudain, on s'interroge. Combien de fois ? Comment ?

Pour ce qui me concerne, la première semaine suite à ma remise en continuité, j'allais aux wc environ 5 fois par jour. En effet, à l'hôpital, on est peu nourri en post opératoire, donc, le transit est léger.

En rentrant à la maison, on s'alimente davantage, donc le transit est plus important.

Durant le premier mois, 10 à 15 fois, dont deux à trois selles nocturnes.

Puis j'ai pris un ralentisseur de transit (Imodium®) avec chaque repas.

Cela a réduit considérablement mes besoins : 6 à 8 fois par jour, dont une nocturne.

Et puis, peu à peu, le nombre se réduit. Aujourd'hui, j'en suis entre 3 et 5 par jour. Parfois une la nuit, parfois pas. Et je réduis le ralentisseur de transit à 1 ou 2 par jour.

Attention, ce résultat n'est pas celui d'absolument tous les jours. Il m'arrive régulièrement encore d'avoir des épisodes de diarrhée, qui augmentent considérablement le nombre de selles. Mais je crois qu'ils s'espacent et ne durent que 24 à 48h.

Surtout, le plus important est que les besoins ne sont jamais aussi urgents que lorsque la maladie rongeait.

On contrôle ses besoins plus ou moins bien selon les jours, mais il est possible de patienter entre une demi heure et deux heures entre la manifestation de l'envie et le moment où l'on va effectivement aux toilettes.

Ainsi, j'ai pu traverser la France en voiture au mois d'août, à J + 3 mois, presque sans dérangement (et quand je dis traverser, je veux dire la France d'un bout à l'autre, soit 1300 km !)

Par contre, il est évident qu'on passe aux toilettes assez longtemps à chaque fois. Le problème est qu'on n'a plus vraiment la sensation "d'avoir fini". Il y en a toujours encore à éjectere. Il faut alors se faire violence pour sortir. Puis au bout de quelques minutes, on se sent  mieux.

Pour ce qui me concerne, je trône entre 10 et 30 minutes à chaque fois, le plus longtemps étant le soir, puisque j'évacue alors le transit de toute la journée, et je prends davantage mon temps alors.

Je crois néanmoins que depuis peu, ces sensations de "jamais fini" s'estompent...

- La consistance du transit

Là faut pas se leurrer, les selles sont liquides. Très liquides au début, puis plus pateuses, selon ce qu'on mange, et selon son état général.

Ceci s'explique par le fait que l'organe chargé d'absorber l'eau des aliments et donc de mouler les selles en charmants petits boudins, soit le colon, n'est plus là... Il parait qu'à la longue l'iléon prend le relai. Je n'en suis pas encore à ce stade...

Par ailleurs, on retrouve, avec la continuité le plaisir des gaz ! C'est assez douloureux, surtout au début, car il arrive que l'air des intestins "ne trouvent pas le bon chemin" pour sortir. On sent alors comme des crampes, comme l'aérophagie qu'on pouvait avoir avant l'opération, mais située plus haut dans le ventre.

La solution : les anti-spasmodiques. J'en prenais systématiquement 6 par jours. Ca allait bien. J'ai diminué, mais je réaugmente régulièrement quand les gaz sont trop douloureux, ou trop nombreux.

Autre solution : DEGAZER ! Facile, quand on est aux toilettes... Facile aussi quand on a son colon... beaucoup plus difficile en post opératoire... Difficile de différencier ses besoins et les gaz... Mais ca vient, petit à petit. Après trois mois, on arrive à distinguer presque à tous les coups. Aujourd'hui, plus d'accidents !

Par contre, la position est aussi particulière par rapport à la vie d'avant... Pour moi, c'est allongée sur le dos, les genoux repliés sur le ventre. Seul moyen pour évacuer (désolée pour les détails terre à terre, mais on est là pour ca, aussi !)

- L'irritation anale

Voila un désagrément réel et assez difficile à gérer... L'absence de colon implique que les selles sont acides au moment de d'expulsion... et l'anus n'est pas constitué des mêmes tissus résistants que l'intestin. Donc très vite, il est irrité. Très irrité. Ça brûle, ça pique, ça démange, on se gratte jusqu'au sang... c'est vraiment horrible. LES PREMIERS TEMPS.

Pour ce qui me concerne, ça a duré 5 semaines. Cinq semaines vraiment difficiles à passer, car plus on va aux toilettes, plus on s'irrite, et plus c'est difficile d'aller aux toilettes...

Dans un premier temps, on conseille d'utiliser seulement des onguents, des crèmes pour érythèmes fessiers du nourrisson. Ça soulage un peu.

Je couplais ce traitement avec des bains de siège, à l'eau froide, sans savon, ou très peu de savon de Marseille, après chaque selle. Vingt minutes minimum à chaque fois...

Mais il arrive un moment où l'efficacité de ces trucs et astuces devient insuffisante. Alors, le médecin m'a prescrit une crème corticoïde qui a été très efficace en quelques jours seulement ! Pourquoi ne me l'avait on pas donnée AVANT !!?? Toujours ce problème de la prise en charge de la douleur du patient...

Bref, depuis cet épisode, je gère. Plus de brûlures quotidiennes. L'anus s'est habitué, ou les selles se sont adoucies. J'ai encore parfois quelques brûlures, mais rien de comparable avec la première période. Et quand c'est trop douloureux, deux ou trois jours de crème corticoïde et tout va mieux !


- Le régime alimentaire

Il était hors de question que je change mes habitudes alimentaires. Je suis trop gourmande, j'ai été trop privée durant les périodes de poussée de RCH.

Après un mois de régime sans résidu strict, j'ai réintroduit les aliments peu à peu. Les légumes cuits, et les fruits cuits, puis les fruits crus mûrs, puis les légumes crus...

Aujourd'hui, je n'ai aucun régime alimentaire. Je mange de tout et presque à volonté. Des légumes, des fruits, des épices, des fritures.

Bien sûr, j'adapte les quantités et les combinaisons d'aliments en fonction de mon état du jour. J'accompagne les crudités de féculents. Le jour où je me sens moins bien, je préfère un yaourt à une pêche, et des pâtes à des carottes râpées.

Mais globalement, je mange des crudités à tous les repas, et au moins un fruit par jour, voire deux.

On m'a conseillé de manger léger le soir pour être tranquille la nuit. Je préfère faire un repas normal et convivial  le soir quitte à me lever une fois la nuit. Une question de choix.

Je ne veux rien m'interdire, et je ne m'interdirai rien. Je me suis conditionnée ainsi depuis le premier jour... Et j'y arrive, peu à peu !

Par contre il y a deux nouvelles obligations suite à la chirurgie : boire beaucoup d'eau, et manger salé.

En effet, le colon n'étant plus là, l'eau des aliments est rejetée dans des quantités beaucoup plus importantes qu'avant, et l'eau contient les sels nécessaires au bon fonctionnement du corps... alors, je sale deux fois mes aliments, et je bois entre 1.5 et 2 litres d'eau par jour (eau, thé, jus de fruit, soda...) C'est important, pour protéger le système rénal. Faudrait pas faire en plus une insuffisance rénale après "l'insuffisance colique" !

- La vie sexuelle

Je n'ai pas encore expérimenté la vie sexuelle depuis la continuité.

Hormis les rapports anaux qui sont strictement interdits après la chirurgie, et qui le resteront, il parait que l'on peut avoir une vie sexuelle normale...

C'est assez effrayant d'imaginer stimuler la zone péri-anale. N'a-t-on pas alors une envie sérieuse d'aller aux toilettes ? Je suis un peu bloquée par rapport à cela... quel homme acceptera de tenter avec moi l'aventure ? L'avenir nous le dira !

Je ferai une mise à jour quand j'aurai testé...

Ceci dit, j'attends avec impatience de lire vos expériences !

- La surveillance

Des prises de sang régulières sont nécessaires, pour vérifier le niveau des sels minéraux en particulier le sodium et le potassium. J'ai fait deux carences en potassium, au point que j'ai dû être hospitalisée, car une hypokaliémie est dangereuse pour le coeur... tout autant d'ailleurs qu'une hyperkaliémie... Alors... surveillance, surveillance...

- Les troubles inexpliqués.

Il persiste 5 mois après l'intervention des problèmes inexpliqués, propablement liés à tous ces chambardements qui ont eu lieu à l'intérieur... Nausées, vomissements intempestifs, sub occlusion intestinale...

Heureusement, ces troubles s'estompent d'eux mêmes en quelques heures, en quelques jours, mais ils sont tout de même bien là pour me rappeler que j'ai été gravement malade, et que ce n'est pas encore complétement du passé...


En conclusion, ma vie après la remise en continuité, c'est quelques contraintes, mais une meilleure qualité de vie qu'avant la maladie, et une bonne qualité de vie, tout court.
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19 septembre 2008 5 19 /09 /septembre /2008 23:02
Mon Cher Intestin,

Voici exactement un an jour pour jour, heure pour heure que tu a été entaillé, que l'on t'a sauvagement découpé, déplacé, tordu, retordu, extériorisé, cousu...

Voici exactement un an jour pour jour, heure pour heure que tu es parti pour une nouvelle vie, sereine, sans spasmes, sans crises de panique, sans douleur, et sans hémorragie.

Voici exactement un an jour pour jour, heure pour heure que le début de la fin de mes souffrances a commencé.

Je ne suis pas encore complètement sur pied, mais je sais que tu fais de ton mieux pour t'adapter et pour me permettre d'appréhender la vie, à nouveau.

Mon Cher Intestin, je n'avais pas, avant que tu ne sois entammé dans ton entité, considéré à quel point tu étais important pour moi, à quel point j'avais besoin de toi, et à quel point tu me permettais de vivre.

Alors, Cher Intestin, merci de bien vouloir poursuivre tes efforts et t'adapter encore et encore, jusqu'à me rendre une vie normale, tout à fait normale.

Joyeux anniversaire mon Cher Intestin. J'ai confiance en toi.

Merci d'avance.

Ton Audrey.
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3 juillet 2008 4 03 /07 /juillet /2008 14:38
Mardi soir, je suis allée au restaurant, après avoir passé la journée à l'hôpital pour des examens complémentaires.

Deux éléments positifs sont ressortis de cette journée :

Durant toute la journée à l'hôpital, j'ai tout à fait pu retenir mes envies d'aller à la selle. Je n'y suis allée qu'une fois après déjeuner.

J'ai mangé ce qui me faisait plaisir le soir au resto. J'ai commencé par une salade marocaine, à base de tomates crues non pelées, concombre et poivrons grillés, assaisonné avec de la coriandre. J'ai ensuite pris un tajine d'agneau accompagné de semoule et abricots et raisins secs, pour finir avec un tajine de fruits frais, légèrement caramélisés et saupoudrés d'amandes. Des crudités, du gras et des fruits frais... rien de compatible avec le régime sans résidu un peu morose qui est conseillé dans le post-opératoire.

Parce que quand on n'a plus son côlon, la fonction d'absorbsion de l'eau des aliments doit être reprise par l'intestin grêle et ceci prend du temps. C'est la raison pour laquelle les médecins invitent les patients opérés à éviter les aliments qui produisent trop de matières à évacuer, comme les crudités, les fruits... et à privilégier le riz, les pâtes et les pommes de terres. Sauf qu'au bout de deux mois, y'en a marre du riz et des pâtes...

Je m'attendais donc à passer la nuit aux toilettes, et j'étais prête à payer ce prix pour pouvoir me faire plaisir. Hé bien non ! J'y suis allée à 1h en rentrant, puis une deuxième fois à 2h, et puis plus rien jusqu'au lendemain 8h ! Je n'ai pas eu de brûlures, pas trop de diarrhées, pas de spasmes.

Finalement, je ne suis peut-être pas si loin de reprendre une vie presque normale... Espoir...
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Présentation

  • : Le blog de audrey a
  • : Je viens de subir une chirurgie lourde et éprouvante, suite à une recto-colite hémorragique, une maladie chronique de l'intestin. Ce blog a pour objet de faire partager les différents sentiments, les centaines de questions que j'ai pu me poser depuis l'aggravation de la maladie. Je ne suis pas médecin, et ne détiens aucune autre connaissance que celle que mon expérience propre m'a permis de vivre. Puisse ce recueil de pensées, de questions, de doute, d'état d'âme et d'espoir être utile à d'autre
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