Jeudi 5 novembre 2009
Depuis un mois, me revoilà étudiante... 6 ans après avoir quitté les bancs de la fac, me revoici en formation pour un an...

Le barreau, je ne peux plus, je ne veux plus... je le tiens pour responsable de l'aggravation de ma maladie, de son accélération... quand je retourne à mon bureau tout neuf pour récupérer un document, ou traiter une petite affaire confiée par un proche, ou faire ma comptabilité annuelle, l'angoisse me monte, ma gorge se serre, j'ai envie d'une seule chose : partir en courant...

Alors, j'ai fait des demandes d'emploi dans des sociétés privées, en qualité de juriste, mais sans succès...

Donc, plutôt que de passer une année de plus à ne rien faire, dans l'espoir de trouver un emploi qui me corresponde mieux, j'ai décidé de spécialiser mes connaissances. Et me voila en classe, avec une trentaine d'autres étudiants, à peine majeurs pour la plupart.

Ma rentrée fut très contradictoire... J'étais à la fois ravie de reprendre une activité, et de retourner à la fac, environnement rassurant que je connais bien, et en même temps très touchée de "retourner en arrière"... touchée dans mon amour propre, moi qui ai toujours tout réussi dans ce domaine, sans la moindre année de retard... Avec le temps, je me suis habituée à l'idée, et les jeunes des ma promo sont vraiment agréables et drôles...

Ce qui me gêne le plus, finalement, c'est cette fatigue que je ressens encore si souvent... Je n'ai cours que trois jours par semaine, et je dois me lever à 7h, ce qui n'est pas particulièrement tôt... L'heure du réveil est très difficile à vivre, je ne peux me lever, je reste au lit le plus longtemps possible... le premier jour des trois, j'arrive difficilement à être efficace en cours. Le second jour, un peu moins, le troisième jour, je m'endors physiquement... c'est affreux cette sensation que votre corps ne vous répond plus... je lutte pour garder mes yeux ouverts, malgré l'intérêt que je peux porter à l'enseignement dispensé, je sursaute au bruit d'un camarde qui tousse... je prends la bras qui bouge de ma camarade de devant pour mon chat et je manque de le caresser, avant de réaliser, dans un sursaut, que je ne suis pas sur mon lit... En rentrant à la maison, je ne peux rien faire d'autre que m'allonger, dormir, et aller aux toilettes évidemment... Ah oui, et puis, je suis en retard, tout le temps... Je pars toujours à la bourre, très très juste...

Jamais je n'avais ce type de réaction avant la maladie, même si j'ai toujours été une grosse dormeuse... je crains parfois à présent de m'endormir au volant...

Car ce paramètre n'est pas à négliger !  Les trois selles par jour que j'arrivais à comptabiliser il y a quelques semaines sont de loin dépassées, maintenant que je dois me lever, et m'activer dès le matin. Je dois souvent utiliser les toilettes de la fac, m'éloigner le plus possible du groupe, pour éviter qu'ils entendent les bruits, et Dieu sait qu'ils s'entendent, jusque dans le couloir... alors, le temps de revenir en classe, car je ne fais plus ces choses là en trois minutes, le cours a souvent déjà repris... c'est terriblement embarrassant : j'ai l'étiquette de la fille qui est toujours en retard. Mais ce n'est pas si grave... Et puis j'ai si souvent mal... Rester assise pendant 7h d'affilié n'est pas la position la plus confortable et fort souvent dès 15 h, de violentes douleurs gazeuses se font ressentir, pour ne plus me quitter jusqu'au soir, alors même que j'ai dégrafé mon pantalon...



Tout me parait difficile, chaque contrainte, un mur à escalader...

Alors, qu'en sera-t-il de ma place au sein d'une entreprise privée, où on attendra de moi performance, célérité, réactivité ? Où j'aurais sur le dos une hiérarchie ? où la bonne marche de l'entreprise toute entière reposera sur mes épaules tremblantes ?

Qu'en sera t il des jours où je serai fatiguée, en épisode de diarrhée, comme en ce moment, et où je devrais manquer mon travail ?

Ne devrais je pas revoir mes prétentions une fois de plus, vers un métier plus "plan plan" ? Je pense tenter d'entrer dans la fonction publique... pourquoi pas à l'inspection du travail ? Mon dossier de demande de travailleur handicapé est formé, je n'ai plus qu'à le déposer...

Je suis en pleine quête de mon avenir professionnel, moi pour qui tout a toujours coulé de source dans ce domaine... aujourd'hui, je suis  perdue...
Par audrey a - Publié dans : Maladie et vie sociale
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Lundi 19 octobre 2009
Trois interventions et une longue période de récupération ont eu raison de ma masse musculaire. Chaque mouvement un peu poussé de la vie quotidienne est une véritable épreuve : j'ai mal au dos quand j'ai fini de passer la serpillière, je suis à bout de souffle après deux étages, j'ai des courbatures si je marche cinq minutes... Alors cette fois c'est décidé, je vais réveiller sportivement mon corps !

Après trois ou quatre visites dans une salle de gym proche de chez moi, je me décide à m'inscrire. J'explique bien évidemment aux moniteurs que je réalisais une reprise, après de gros soucis de santé, et un repos de plusieurs années... Très compréhensifs, ils m'expliquent qu'ils vont m'aider à reprendre tout doucement, mais sûrement un entrainement régulier et efficace. J'irai au minimu tous les lundis et tous les mercredi.

Ravie de ces informations, je monte donc dans la salle où le cours de step va commencer. J'aime cette activité. Elle me vide la tête et me fait mouiller le Tshirt. J'avais l'habitude de la pratiquer au moins trois heures par semaine avant. J'étais assez douée, je suivais bien... Je n'étais pas trop essoufflée, juste ce qu'il faut pour se sentir travailler.. Mais biensûr, c'était il y a plusieurs années.

La musique commence, et je démarre fièrement à m'agiter. Je suis bien le prof. Ce cours est bref, 30 minutes. il est censé être basique, que j'ai traduit comme "pour débutant", et donc accessible. Je suis bien droite, et je me sens reprendre possession de mon corps. Je sens que je commande mes muscles, que je me sens respirer, contrôler mes prises d'air et non plus respirer haletante machinalement... Je suis un peu rouge, mais cela me donne bonne mine.

Je commence quand même déjà à avoir soif... je bois un peu et en profite pour souffler quelques secondes, sans perdre le rythme ... Je me replace dans la chorégraphie, et je me sens étrangement essouflée. Je sais qu'un effort risque de me faire naître une crise d'asthme (je vous avais jamais dit que j'étais aussi asthmatique ?). Je prends, un peu par prévention, une belle bouffée de Ventoline® et me remets dans la danse. Je ne peux pas retrouver ma respiration. Je sens que j'ai de plus en plus de difficultés à respirer, et que ma transpiration devient froide...

Je me recule et m'appuie contre le mur. Je me sens vasciller. Je m'assieds. Des bourdonnements et des flashs noirs et lumineux troublent mes sens. Soudain, je vois dix personnes autour de moi, à me demander si ça va aller... "- Ah je suis si blanche que çà", dis je en voyant l'attroupement formé.... "heu.. oui vous n'êtes pas très rose"...

Bon ben voila, je fais un malaise après un quart d'heure d'effort. J'ai mal au ventre... j'inaugure l'unique cabinet de toilette de la salle de sport qui me parait contenir des dizaines de personnes. Je "dégaze" bruyamment et très gênée... ca sent mauvais. Il n'y a aucun désordorisant dans ces wc !! Et je n'ai pas mes allumettes, désodorisant naturel et hyper efficace... Pas de balayette non plus... horreur !  En plus on cherche à entrer... On attend donc pour prendre ma place... Je fais autant que je peux pour finir vite, et rentrer chez moi. 

 Le step, c'était peut être une activité trop violente pour un début... Je suis maintenant que j'ai repris mes esprits écarlate, et brûlante. Mes affaires sont trempées de sueurs froides.

Ce besoin d'aller à la selle, je l'ai ressenti avant de partir pour la salle. Et puis, je me suis dit que je pouvais reporter la corvée à mon retour, comme je le faisais avant (et comme je le fais parfois aujourd'hui quand j'ai des activités sédentaires à réaliser)... En fait, avec l'exercice, les gaz n'ont fait que se balader dans mon intestin, ce qui est fort inconfortable, et qui a certainement provoqué ce malaise... A moins que ce ne soit tout simplement mon manque d'exercice ?

Je suis partagée entre deux sentiments, la satisfaction de reprendre une activité sportive, même progressivement, et la frustration de n'avoir pas tenu plus d'un quart d'heure. J'ai à la fois repris possession de mon corps et pris conscience de mes limites, de mon nouveau corps, de mon nouvel état...

Je décide que je ne me découragerai pas aussi facilement, et que je recommencerai le step après seulement avoir fait plusieurs mois de travail musculaire en piscine pour reprendre de l'endurance, et de la force, et pour retravailler mon souffle. Et peut être qu'alors, je pourrais à nouveau m'essoufler sans risque de tomber.
Par audrey a - Publié dans : Maladie et vie sociale
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Lundi 14 septembre 2009
Je fais un peu de bénévolat dans une association locale, de soutien aux malades atteints de MICI. Je fais des visites à la demande des patients, et les bénévoles de l'association nous regroupont une fois par moi, pour faire le point sur la situation, les malades, nos états de santé et émotionnel...

Et cela me fait du bien... Je me sens utile, et aussi, je me sens moins seule dans le calvaire de la maladie, de la stomie, des crises, des douleurs, des cauchemars...

Oui mais... je vais de ce fait plus souvent à l'hôpital, et je vois d'autres malades, qui ont besoin que je leur raconte mes expériences ; et il faut que je les positive, car ils sont dans un moment critique de leur maladie, le plus souvent juste avant ou juste après une intervention lourde, et délicate... Bien que je me refuse à leur mentir, j'essaie d'édulcorer quand je suis en visite, les passages les plus difficiles à vivre de ces périodes... Je vais avant tout les voir pour leur dire la vérité du patient sur ce type d'intervention, mais aussi pour qu'ils entrent au bloc dans les meilleures conditions possibles... Alors, il faut que je les ménage un peu. Néanmoins, je me fais forte de répondre honnêtement à toutes leurs questions, même les plus embarrassantes. Et je fais évidemment des parallèles entre l'histoire du malade qui est couché devant moi et la mienne.

Et puis je vois aussi des malades avec plus d'ancienneté que moi, et l'évolution parfois bonne parfois moins bonne de leur pathologie... ce qui ne manque pas de retentir sur mon humeur.

"tu sais audrey, je ne sais pas si c'est très bon que tu fasses cela...  Tu devrais essayer d'oublier, ce n'est pas très bon de ressasser le mauvais, cela t'emêches de penser au bon..."

C'est une gentille phrase pleine d'attention, n'est ce pas ? Et puis, c'est vrai, il faudrait peut être que j'essaie de tirer un trait sur le passé, aujourd'hui, près de deux ans après ma première ablation...  Il faudrait que j'oublie...

Oui, mais moi, je n'ai pas envie d'oublier. Ces moments difficiles font partie de mon vécu intime, de ma personnalité, et ils ont transformé ma façon de voir les choses, toutes les choses... Ils sont responsables de la modification profonde de ma vie, et tous les jours je pense à tout cela...  Alors non, je n'ai pas envie d'oublier qu'avant cet épisode, j'avais une vie normale, que cet épisode m'a plongée dans une profonde detresse physique et psychologique, et qu'aujourd'hui, je suis handicapée. Je refuse de nier la cause de ce handicap, en oubliant ces épisodes douloureux. J'y pense en relativisant chaque nouvelle douleur, chaque nouveau problème. Rien n'a encore été pire que cette période, alors aujourd'hui, y repenser m'aide à admettre que ma vie, loin d'être rose, n'est pas noire non plus.

Je n'ai pas envie d'oublier. J'ai besoin de ne pas oublier.
Par audrey a - Publié dans : Retentissements psychologiques
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Samedi 1 août 2009
Mon frère est venu nous retrouver et passer quelques jours avec nous, au vert. Ca me fait du bien de voir un peu de la jeunesse (j'exagère, mais à peine, je vous promets).

On plaisante, on bouge... mais il m'a quand même sorti à son arrivé "quoi, toi aussi tu fais la cure ?" !!!!! J'en suis pas revenue !

Samedi fut une mauvaise journée, car en voyant le docteur, je me suis aperçue que j'avais pris encore un kilo. En effet, je suis actuellement sur une pente ascendante, grossissante, ou épaississante..  J'en ai été minée, évidemment, car j'avais vraiment l'impression de faire attention à ce que je mangeais. Mais les fromages sont ici vraiment bons. On a envie de les goûter, les regoûter, le déguster encore, avec du bon pain évidemment ! et ça, ben... ça fait du bien au moral, mais pas aux hanches !!

La baisse de mon moral a été accentuée par l'ombre d'un problème de tyroïde qu'a fait planer sur moi le Docteur... " Ca fait un kilo par semaine... la tyroïde, on a vérifié ?" Moi... "non, mais c'est prévu"... elle "il faudra quand même" !

Et là dans ma tête tout s'est effondré ! Je pourrais être malade encore, ailleurs, les problèmes de thyroïde ça va souvent avec les maladies auto-immunes...

J'ai pleuré pas mal, à l'intérieur, j'ai même appelée mon psy, lui disant que j'en avais assez, que je n'avais plus envie...
Heureusement qu'il est là, celui-là... Il est vraiment très pro, toujours disponible, samedi, dimanche ou jour férié... en plein mois de juillet, je trouve toujours en lui une oreille attentive, et avec quelques mots, il a le don de pouvoir réorienter mes réflexions...

Mon moral est peu à peu remonté, pour mes parents et mon frère qui étaient avec moi, et aussi parce que j'ai commencé un régime encadré par une diététicienne, et qu'avant d'imaginer que je suis encore malade, peut être qu'il faut que j'accepte que mon comportement alimentaire est un peu anarchique, et c'est un doux euphémisme !

Le dimanche a été agréable. On est allé à Besse, à la foire aux vins et aux fromages... Haaa... les fromages auvergnats, le Cantal, le Saint Nectaire, le Bleu... tout un poème, et un plus, le fromage est l'un des seuls aliments que l'on peut manger sans modération, sans restriction digestive. Qu'on en mange 10 grammes ou 100 g, sur les besoins, ça n'a pas d'effet !
 
Sur le plan thérapeutique, Le début de semaine fut sans problème, même si la fatigue commençait à se faire vraiment sentir.

La semaine de soin a bien été du lundi au mercredi, en dépit de deux crises d'asthme carabinées, après effort... on est monté au Puy de Sansy, le point culminant du massif central. C'était magnifique, et le point de vue valait l'effort, mais... j'ai dû redescendre vite, très vite pour pas être en retard pour boire l'eau thermale... et... en arrivant, à l'heure, pafff !! la crise. Sans Ventoline®, évidemment... elle est passée en une bonne heure, et deux pulvérisation du médicament magique.

Et puis, la semaine s'est gâtée : Mercredi, j'ai d'abord eu un malaise le matin, après les soins. Pendant plusieurs minutes, j'ai perdu une partie de mon champ de vision, mes oreilles bourdonnaient, mais cela ne ressemblait pas une hypoglycémie... plutôt une chute de tension... en fait, j'ai appris que les eaux thermales par les gaz qu'elles dégagent peuvent provoquer ce type de réactions. Soit.

L'après midi et après la sieste absolument nécessaire, nous avons visité un village médiéval auvergnat, MONTPEYROUX, charmant, et nous avons gravi les quelques cent cinquante marches du donjon. Un effort physique un peu important, mais pas si méchant que ça.

Nous rentrons, et là, longtemps après, re crise d'asthme ! longtemps après, plusieurs heures... parfois, j'en ai assez !

Et puis le lendemain matin, température, mal au crâne, et là l'oreille droite... Otite ! On est obligé d'interrompre la cure, 48 h avant sa fin...

Avant de partir, je tiens quand même à repasser chez la nutritionniste... pour voir pour la thyroïde... J'ai perdu un kilo en cinq jours sans avoir faim et sans vraiment me priver ! Je suis bien contente de ce résultat !

Nous sommes rentrés vendredi, une voiture très chargée, à deux doigts d'exploser, avec un petit flacon d'antibiotiques locaux pour mon oreille !!!

Nous verrons les effets de la cure d'ici trois ou quatre mois, mais en conclusion, on peut dire que cette période de trois semaines ne fut pas vraiment reposante, contrairement à ce que mon gastro entérologue m'avait prédit. Peut être est ce reposant, mais certainement pas pour les malades !
Par audrey a - Publié dans : Historique médical
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Vendredi 31 juillet 2009


La deuxième semaine de cure s'est bien passée pour moi. Je commence à m'habituer aux soins. Mes maux de ventre ont considérablement régressé, je vais enfin pouvoir penser à joindre l'utile à l'agréable, et à essayer de faire de cette cure une période de vacances.

Le dimanche, comme partout ailleurs où presque, c'est la trêve. Pas de soins, pas d'eau. Nous allons un peu visiter la région. Une journée entière sans contrainte, ça fait du bien. Nous partons vers 11h, pour ne revenir que le soir après dîner. C'est comme ça que je conçois les vacances !

Mais hélas, le dimanche comme tous les autres jours ne compte que 24h, et déjà, il faut repartir pour une semaine.

De cette deuxième étape de cure, je conserverai de bons souvenirs. De la verdure, des  balades, de l'air pur, de bons petits plats, plein d'envies. Mais surtout,  sur un coup de tête... j'ai fait CA :

Et jusqu'au bout s'il vous plaît :

Un gros coup de coeur ! facile, agréable, sans effets secondaires !


Le reste de la semaine a été basique, agréable mais basique.


Par audrey a - Publié dans : Historique médical
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Samedi 25 juillet 2009

J+6 : Enfin, mon rendez-vous hebdomadaire avec le docteur. Dans la salle d'attente, je vais deux fois aux toilettes. C'est terrible. Ils sont situés juste entre la salle d'attente et le cabinet d'auscultation... je ne peux pas me "laisser aller"... Je reste donc avec mes crampes.

 

A l'examen, mon ventre n’est toujours pas souple et est toujours douloureux. Pourtant le docteur hésite pour les antibiotiques. « Essayez un désinfectant local. De l’Ercéfluryl®… enfin son remplaçant non remboursé pendant 5 jours. Si ça ne marche pas, dans 48h, on n’aura plus le choix. »

 

J’en suis déjà à près de 50 € de gélules en tous genres non prises en charge par la sécu. Pour la millième fois je fais les trois pharmacies du coin pour trouver la boite qui me soulagera. Elles sont complémentaires ces pharmacies... mais pas une seule d'entre elles ne dispose en stock de tout ce dont j'ai besoin !

 

J’ai envie de m’acheter un lait, un lait pour le corps. Quelque chose pour moi qui ne soit pas contrainte et effets secondaires… histoire de me mettre du baume au corps. Le moindre soin en pharmacie coûte 20 €. J’attendrais d’aller en super marché…

 

J+7 : Trêve de cure. Pas de soins, pas d’eau le dimanche. Je dors jusqu’à 10h, et puis nous partons pour la journée nous balader. Je commence à aller mieux. Sont ce les Ercéfluryl® ou l’interruption des soins et des eaux ? Moi je suis sûre que ce sont les gélules. Enfin, je me sens mieux !

 

Nous faisons un bon repas, un des avantages du centre de la France. Un bœuf bourguignon, des formages… une crème brulée aux framboises… c’était tout ce qui me fallait pour me recharger mes batteries !

 

Demain, il fera beau !

Par audrey a - Publié dans : Historique médical
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Vendredi 24 juillet 2009

J+3 : Ca ne va pas mieux. Je vais aux soins, mais à reculons. « Bonjour Madame, Au revoir Madame, Bonne journée Madame »… MADEMOISELLE ! d’abord c’est MADEMOISELLE !

 

Je suis carrément démoralisée de voir tous ces vieux aller à peu près bien, et moi, toute découpée à l’intérieur, souffrir encore. Et pourquoi les autres « jeunes » sont ils en train de s’éclater en groupe, de draguer, de bronzer, et moi je suis en Auvergne dans une sorte de maison de repos ? A ce moment là, j’ai trouvé la vie injuste et difficile. Je me demande alors de quoi sera fait mon avenir. Vais-je avoir mal souvent, vais-je devoir restreindre toutes mes activités, tous mes projets ?

 

En sortant, je m’arrête chez le docteur. Deux dames dans la salle d’attente discutent. « Mais si vous êtes constipée, faut manger du m’lon ! » « mais j’en mange du m’lon, mais je suis quand même constipée » « ah oui ? moi quand je mange du m’lon… enfin… heu… faut pas que j’en abuse quoi ! »

 

Haaa les joies de la constipation ! Que ne donnerais je pas pour avoir ne serait ce que 24 heures de constipation !

 

Je vois le docteur, qui me tâte le ventre et qui n’est pas contente de son état. Il est plus douloureux et plus dur que dimanche soir… ca ressemble à  une pochite. Je lui suggère avant de me prescrire une cure d’antibiotiques, de me faire faire une prise de sang, pour vérifier qu’il y a bien une inflammation.

 

Ce qu’elle fit. Je me rends en urgence au labo de la ville. Une très antipathique secrétaire m’indique que maintenant, il n’y a plus personne pour faire une prise de sang. Revenez demain matin !

 

Je tiens bon. Hors de question que je reste encore toute la nuit avec ces douleurs. « Ce n’est pas possible Madame, le docteur vient de me prescrire cette ordonnance en urgence, il faut trouver une solution ». Après hésitation, elle se décide à appeler l’infirmière, qui était seulement dans la pièce d’à côté surement à déjeuner !

 

Bref, la prise de sang est faite, à la seringue, ce qu’on ne m’avait jamais fait jusqu’à présent ! Les résultats sont étonnamment bons. Il n’y a quasiment pas d’inflammation. Ce n’est pas encore une pochite.

 

Résultat : je change d’eau pour une eau moins puissante, et j’ajoute deux séries de probiotiques : Lactibiane® et Arkolevure®. Evidemment, je dois courir les trois pharmacies pour avoir mes médicaments. Cela me fait maintenant 12 gélules par jours; en plus du reste biensûr.  Une grosse poignée quoi… ajoutée à tout le reste… Dans ma main, toutes les couleurs ! c’est merveilleux ! J’aurais presque l’impression de manger des bonbons !

 

Le docteur m’a laissé 48h pour aller mieux. Sinon, on passe au Flagyl®… que je tolère si mal… en suppo… quelle angoisse sur mon anastomose… comment vais-je faire ? Hyper angoisse à cette idée.

 

Après midi de repos.

 

J+4 : les spasmes se calment un peu et mon moral remonte doucement. Avec un peu de chance, je n’aurais pas à prendre ces saletés d’antibios. On va se promener. Il fait très chaud, et très lourd.

 

Nous prenons un peu de soleil au Gour de Tazenat, où mes souvenirs d’enfance refont surface. Je ne me baigne pas. Mais j’ose le deux pièces, parce qu’il fait chaud, et que je n’ai que ça sous la main ! Je prends soin tout de même de camoufler mes cicatrices avec mes mains dès que je me lève. J’aurais voulu faire du pédalo… mais je n’en suis pas capable ; Une fois de plus, j’abrège la sortie, à cause de mon ventre.

 

J+5 : guère d’amélioration. Je revois le docteur demain soir. On fera le point. Mais… pff cette période n’est vraiment pas drôle… Aujourd’hui, les orages se sont déchaînés sur notre région. L’amplitude thermique depuis hier est de – 30° ! Hier à 18h, il faisait 43°. Aujourd’hui, au même endroit et à la même heure, il fait 14°… Et le pire dans l’histoire, c’est que j’y suis !! 

 

Par audrey a - Publié dans : Historique médical
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Jeudi 23 juillet 2009
J + 1 : Je me présente aux soins avec deux pauvres minutes de retard. Et je me prends la remontrance de l’agent de soins. Ca commence bien !! Je le saurai pour les jours suivants. Je suis agréablement surprise par la qualité des soins, la chaleur des thermes, l’empathie des gens. Mais je perçois aussi la moyenne d’âge… disons à vu d’œil 60-62 ans… Je dois être la plus jeune curiste du centre. Peut être pas, en fait, mais je ne vois pas les jeunes tant ils sont peu nombreux.

Non… ce que je vois, ce sont des grands-mères et des grands-pères qui se baladent avec des cannes, des petits couples charmants mais aigris par leurs propres habitudes… Ce que j’entends, ce sont les plaintes de ces messieurs dames, qui ne peuvent tolérer deux ou trois minutes de patience. C’est aussi le bruit strident des claquettes de plage en plastique humide à chacun de mes pas et de ceux de mes camarades de cure… croa ! croa ! mais chut à la fin ! on ne peut pas les sécher ces trucs là ! L’ambiance est trop humide… J’entends aussi des « Madame » par ci, des « madame » par là… « cabine 3 sur la gauche, madame »… et les dames avec leur bonnet de bain, qui prennent un grand soin de l’essuyer dans leur serviette à chaque sortie de douche, accompagnant leur geste du doux bruit du caoutchouc humide frotté !!

Le cataplasme est chaud. C’est bon. Mes cicatrices sont protégées par des bâtonnets de bois. Je n’ai pas mal. La douche automatique me surprend par sa vigueur et son omniprésence. Elle dure 5 minutes. Cinq minutes que j’ai passées à rire toute seule. A rire en raison des chatouilles que me procuraient les jets dirigés partout sur mon corps. Sur le ventre, protégé par mon maillot, sur les flancs, sur les cuisses… je suis très chatouilleuse. Cette première douche fut presque une torture tellement je ne pouvais réprimer mon rire. Dorénavant, je retirerai mon maillot pour éviter cette sensation ! La douche locale est agréable, et me rend zen. Le but du jeu est d’apaiser les contractions du colon en le massant par le jet puissant. Sauf que moi, j’en ai plus d’colon ! et je suis amusée de voir les agents faire très attention à bien suivre leurs consignes, soit bien diriger le jet selon les lignes du colon, d’abord le droit, puis le transverse, puis le gauche. Des petits gestes secs permettent de lier les mouvements plus amples… Colon ou pas, le fait est que ce soin là est vraiment efficace pour moi. Il me détend et atténue la douleur que j’avais la veille. Les spasmes se calment dès la fin du « massage ». Le bain, enfin, me permet de me délasser sans retenue pendant quinze minutes.

 Enfin, je sors. Je suis exténuée. Mine de rien, c’est petites choses là fatiguent. J’ai fait la sieste ! Fin d’après midi, on va boire. Avec les plus âgés. Ils se ruent sur les chaises du parc thermal. Il n’y en a plus assez pour moi. Qu’à cela ne tienne. Une belle pelouse agrémente le parc. Je décide d’aller m’y allonger. Un écriteau précise bien que la pelouse est interdite aux chiens ! Donc par déduction, elle est permise aux hommes, et donc à moi !

 Je m’étends et apprécie la fraicheur du gazon qui fait écho à la lourde chaleur ambiante. Oui mais… les petits vieux n’ont pas l’air trop d’accord que je siège sur la pelouse ! J’entends des commentaires. Des « on aura tout vu »… on m’interpelle même alors que je fais semblant de ne pas entendre les ronchons, pour me suggérer que ce n’est pas une bonne idée de rester là, les chiens et les chats y faisant leur petits besoins… Ma politesse m’empêche de répondre et je réprime un « j’t’en pose des questions ? ».  Je reste sur la pelouse, et ferme les yeux.

Mes crampes au ventre reviennent. Ou plutôt ce sont des spasmes. Des contractions depuis sous l’estomac jusqu’à l’anus. Des spasmes qui me donnent des faux besoins, et surtout une sensation désagréable de soulèvement… Cela ressemble beaucoup aux bizarreries des pochites… J’ai pris avec moi les antibiotiques, mais… je ne vais pas les prendre tout de suite. L’eau et les soins vont surement me faire du bien.

J+2 : Le matin, nous prenons les rendez-vous des soins pour les trois semaines. Ouf ! Les miens n’auront pas lieu avant 10h. Je ne vais pas trop manquer de sommeil. Ce ne sera pas trop difficile à suivre. A part ca, rien à signaler, hormis ce fichu Madame dont on m’affuble à tous les coins du centre de soins… Je m’y attendais remarque… les agents sont formés de cette manière et puis la plupart des femmes qui fréquente le centre sont bel et bien des Mesdames ! L’après midi, les crampes s’intensifient. Je vais doubler la dose de probiotiques. Ca passera surement. Et puis il pleut, et j’ai mal dormi à cause des faux besoins… On va se balader dans la foret. Mais je ne peux rester jusqu’à la fin, et suis obligée de rentrer.
Par audrey a - Publié dans : Historique médical
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Mercredi 22 juillet 2009
Première semaine de cure : la grosse déprime.

 Après avoir passé plus d’une heure à raconter mon histoire au médecin de cure, elle m’a préscrit les quatre soins suivants :

1. Cataplasme : il s’agit de poser sur le ventre une sorte de grosse serviette chauffée à 45° et de la laisser agir pendant 15 minutes.

2. Douche automatique : Il suffit d’entrer dans une cabine et de se laisser doucher par des jets assez puissants qui vous « fouette » le corps sur le ventre, le dos, les bras et les cuisses.

3. Douche locale au jet : un agent de cure passe sur la zone à traiter une pomme de douche à fort débit en faisant des mouvements circulaires.

4. Bain avec hydromassage : le curiste entre dans une baignoire à jet et se laisse aller pendant 15 minutes dans l’eau chaude mouvante. Eu égard à mon passif chirurgical, ces soins sont doux et plutôt agréables à suivre.

A cela s’ajoute une cure de boisson : chaque jour le matin et le soir, je dois boire deux verres d’eau thermale à trente minutes d’intervalle. Il va sans dire que cette eau est infecte. Très salée, fortement minéralisée et c’est ce qui fait sa force. Le médecin m’avait prescrite la plus forte des sources disponibles. A l’essai…

Ces obligations restreignent évidemment fortement les possibilités de sorties au cours de la journée puisque toute la matinée est consacrée aux soins, et le soir, il faut être rentré avant 19h pour pouvoir boire avant la fermeture de la source !

Celui qui a dit que les cures étaient des vacances déguisées n'en a jamais suivie une !
Par audrey a - Publié dans : Historique médical
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Vendredi 17 juillet 2009

 

 

 

Après de nombreuses hésitations, on a finalement décidé de tenter le coup. J’avais vu que les malades qui témoignaient de leur séjour en étaient tous contents.

 

Mon gastro lui, m’avait légèrement refroidi, en m’expliquant qu’il n’y croyait pas, et que si des améliorations étaient constatées, ce n’était pas par les soins eux-mêmes, ni par les eaux consommées, mais bien par le repos imposé par la cure : trois semaines coupé du monde, ça repose. Ca ressource.

 

Mon généraliste était pour. Nous nous sommes donc inscrits, après avoir obtenu l’accord préalable de la sécurité sociale.

 

Nous avons choisi Châtel Guyon, une ville thermale du massif central, connue pour soigner entre autres, les pathologies digestives, et les rhumatismes. De toutes manières, il n’y avait pas cinquante possibilités pour les MICI ; c’était soit Châtel Guyon dans le Puy de Dôme, soit Plombières les Bains dans les Vosges ! Y aurait pas pu avoir des thermes à Nice, Ajaccio, ou même je ne sais pas moi… le Languedoc ou le Bordelais… ? Non… ce sera Massif Central… Auvergne !! C’était moins loin que les Vosges, et cela nous paraissait plus varié.

 

Partirai-je seule ? Non, mes deux parents m’accompagnent. Je suis d’ailleurs amusée d’entendre les gens leur demander si je les accompagne pour leur cure, et de répondre que non, c’est eux qui m’accompagnent, car, au cas où ils l’auraient oublié, c’est moi la malade dans l’affaire !

 

J – 5 : je suis assez enthousiaste à l’idée de partir en vacances. Trois semaines, cela fait bien longtemps que je ne me suis pas éloignée de mon p’tit chez moi pour une si longue période. Je prépare mes affaires, compte et recompte mes médicaments, fais renouveler les ordonnances, lance les machines, repasse le linge accumulé…

 

J - 3 : Je commence à me dire qu’une cure, ce n’est pas vraiment le mode de vacances idéal pour une jeune femme de mon âge, seule, et sans enfants ! Je me demande si je vais vivre la cure comme une période de vacances, ou si je vais l’assimiler à une période d’hospitalisation, avec un corps médical très présent, des obligations de soins, et d’horaires, et des malades à tous les coins de rues. On m’avait annoncé que les soins commençaient à 8h chaque matin, et duraient jusqu’à midi. On m’avait aussi parlé de goutte à goutte, de bains, de douches, de cataplasmes, de compresses… autant de mots qui me font envie car ils ont une connotation salvatrice et qui m’effraient aussi…

 

J – 2 et J – 1 : j’essaie de ne pas trop montrer mon angoisse montante et ma non envie de partir. Heureusement, mes chats viennent avec moi, et cela m’occupe. Je dois en effet les équiper pour partir, car c’est leur premier vrai voyage. Je cours d’animalerie en animalerie pour trouver les meilleurs prix. Bien vite, je me trouve à faire les valises.

 

Jour J : je suis prête avec une heure de retard. L’autoroute devait être fluide… mais… on s’est trompé de chemin. On récupère notre route avec une autre heure de retard ! On était censé arriver à 16h. C’est à 19h que nous franchissons le pas de la porte de notre appartement. Bonne surprise. Il est bien. Nous serons à l’aise pendant le séjour. C’est déjà ça de pris. Les lits sont agréables, il y a des coins pour les gamelles, et pour la litière, une terrasse. Parfait !

 

Immédiatement après être passée aux toilettes (ben oui, tout le trajet avec une seule pause, c’est une belle performance), je cherche un réseau où me connecter. aucun ! pas le moindre free wifi ou neuf wifi à porté de capteur ! Purée de village de vieux ! Un seul centre de connexion : l’office du tourisme ! Pas même dans le parc thermal il n’y a de réseau internet ! Comment vais-je faire moi qui suis accro, complètement dépendante du clavier, addicte aux chats en tous genres, moi qui ne sais plus comment on utilise un annuaire téléphonique, moi qui ne sais plus lire une carte ni consulter un dictionnaire ?  Après avoir traversé l'appartement de coin en coin mon ordinateur à la main, je parviens à attraper un réseau voisin. Problème : je dois me situer devant la fenêtre de la cuisine, fenêtre et volets ouverts. Si je bouge de dix centimètres, mon ouverture sur le monde est instantanément coupée ! couic !

 

En plus ce soir là j’ai mal au ventre… je me dis que c’est normal, parce que je suis restée toute la journée pliée en deux dans la voiture. Et puis d’abord, j’ai rendez vous chez le médecin thermal dans une heure il va m’ausculter, on verra bien. Mais je suis confiante ça passera !

 

Sauf que quand le toubib m’appuie sur le ventre, j’ai mal. Pas mal d’aérophagie. Non, ça ressemble à la douleur des pochites ! Zut pas ça ! J’ai prévu d’apporter les antibios mais on verra.

 

On verra avec le début des soins…

 

Je commence le lendemain matin, à 8h30…

 

Par audrey a - Publié dans : Historique médical
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  • : Je viens de subir une chirurgie lourde et éprouvante, suite à une recto-colite hémorragique, une maladie chronique de l'intestin. Ce blog a pour objet de faire partager les différents sentiments, les centaines de questions que j'ai pu me poser depuis l'aggravation de la maladie. Je ne suis pas médecin, et ne détiens aucune autre connaissance que celle que mon expérience propre m'a permis de vivre. Puisse ce recueil de pensées, de questions, de doute, d'état d'âme et d'espoir être utile à d'autre
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